Syndicat de la Fonction Publique

Syndicat de la Fonction Publique

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Le SFP est le plus ancien des trois syndicats représentatifs dans la fonction publique territoriale polynésienne. N° T.A.H.I.T.I. : 722777.

N° S.I.R.E.T. : 911225712 Depuis sa création, le SFP en Polynésie Française (anciennement connu comme SCFP), organisation syndicale représentative dans la Fonction Publique, a lutté pour faire reconnaître les droits des agents publics œuvrant dans l’administration. Le SFP est notamment le seul syndicat de la fonction publique territoriale qui a choisi :
- de ne défendre que les agents publics. Cec

15/07/2026

Juillet 2026 - CHPF, Agents en déprime… la suite

Nous poursuivons ici les récits qui nous proviennent du CHPF. Si nous insistons autant sur les conditions de travail à l’hôpital, c’est que la santé reste le bien le plus précieux que nous ayons tous. Être soigné par des personnes qui se sentent bien dans leur cadre de travail est donc primordial. Or la dégradation des conditions de travail pourrait, à terme, de s’accompagner d’une détérioration de la façon dont les soins sont prodigués. Nous espérons qu’à la lumière de ces histoires, les responsables de l’hôpital adopteront une approche plus humaine, plus empathique. Une fois encore, les identités des personnes dont nous relatons les déboires sont dissimulées derrière des prénoms d’emprunt.

Camille

Je m’appelle Camille, et je fais partie de ces agents que le CHPF recrutent dans l’hexagone, faute pour le moment, d’un nombre suffisant de compétences locales. Il n’y a pas si longtemps, mon père et mon petit frère ont été victimes d’un grave accident de voiture. J’ai donc sollicité des congés pour immédiatement partir à leur chevet. Les nouvelles n’étaient pas rassurantes et je considérais important d’être auprès des miens et plus particulièrement de ma mère très inquiète.

Le CHPF m’a refusé mes congés au motif d’une soi-disant nécessité de service. J’insiste bien, « soi-disant ». Car entre collègues nous nous soutenons, et toutes les précautions avaient été prises pour que je puisse être remplacée durant mon absence. Malgré les circonstances, malgré le soutien de mes collègues qui avaient accepté de me relayer durant mon congé, le CHPF a refusé que je puisse partir rejoindre les miens. Il ne me restait alors plus qu’une seule option pour être auprès de mon père et de mon petit frère : démissionner…

Même dans l’hexagone que beaucoup décrivent comme froid, rigide, trop réglementé, etc… en pareille situation, la direction de l’hôpital fait preuve de compréhension. Immédiatement on m’aurait permis de m’absenter pour me rapprocher des miens et plus particulièrement de ceux hospitalisés. Je vais donc partir avec un goût amer à travers la gorge. Lorsque l’on m’interrogera sur les conditions de travail au CHPF, je ne manquerais pas de raconter mon histoire et toutes celles que l’on subit ici dont certaines ont déjà été consignées dans la tranche de vie du mois de juin dernier.

Hinavai

Je m’appelle Hinavai, et comme tous mes collègues, je me donne sans compter pour le bien de nos populations. Stress, rythme intense, j’ai besoin de souffler et de prendre des congés. Seulement au CHPF, on ne peut pas s’arrêter comme dans d’autres services ou établissements du Pays. Les soins doivent être prodigués tous les jours sans discontinuer. Alors entre collègues on se concerte, on planifie, on s’organise et on dépose ses congés une fois certaine qu’il sera possible de s’absenter. Mais ça, c’est la théorie…

Il y a peu j’ai ainsi déposé des congés après m’être assurée que toutes les conditions étaient réunies afin qu’ils soient acceptés. J’avais même obtenu l’accord de principe de ma hiérarchie directe. Ne manquait donc que la signature du responsable.

Mais voilà qu’elle ne venait pas et qu’en parallèle mes congés approchaient. Je m’inquiétais donc, et là, ô surprise, on m’annonce que mes congés n’ont pas été accordés car ma demande a été retirée. Abasourdie je demande qui a bien pu retirer ma demande de congés ? La réponse m’a laissée sans voix : « Ben… c’est toi ! ».

Pas certaine de bien comprendre, j’ai sollicité des explications. J’ai rappelé que ma demande avait été faite via la plateforme numérique et que je n’avais absolument rien retiré du tout ! Que s’est-il donc passé ?

Plutôt que de me refuser des congés, quelqu’un de bien placé, et disposant sans doute d’autorisations spéciales, a accédé à mon compte, puis a retiré ma demande de congés. Lorsque j’ai cherché à savoir qui avait réalisé cette manipulation frauduleuse, je n’ai eu aucune réponse. Pourtant, quelqu’un doit bien le savoir…

A l’heure du tout numérique, voici où nous en sommes au CHPF. En attendant, j’ai dû m’asseoir sur mes congés et tout ce que j’avais prévu. Le bureau des ressources humaines ne semble pas particulièrement interloqué par la situation, c’est affligeant ! En toute rigueur une enquête aurait dû être lancée, le ou la responsable aurait dû être licencié(e) pour faute grave… mais non, rien. N’y a-t-il pas pourtant un Règlement Général sur la Protection des Données, le fameux R. G. P. D. ?

Dès lors, plus de confiance, plus d’envie de se démener, plus envie de rendre service… le strict minimum.

Heiva

Nous aurions voulu vous raconter dans le détail l’histoire de Heiva, victime d’un mensonge, puis de calomnies avant d’être menacée d’exclusion et jetée en pâture par l’ancienne direction du CHPF. Son histoire illustrait parfaitement comment une rumeur mal gérée dans le milieu professionnel pouvait provoquer l’effondrement d’une vie.

Malheureusement, elle n’a pas souhaité que son témoignage soit diffusé. Nous le regrettons, mais respectons son choix. Chacun aurait alors pu mesurer l’impact de décisions fondées sur l’affect et des convictions personnelles plutôt que sur la recherche de la vérité et le respect de la réglementation.

Si l’ancienne direction était responsable de la chute vertigineuse d’Heiva, la nouvelle semble déterminée à prolonger ses difficultés. A chaque fois le même schéma se répète.

Des personnes en responsabilité dont les convictions personnelles supplantent la rationalité ; une empathie peu palpable ; et une relation à l’autre visiblement faite d’un plaisir de domination.

Ainsi va la vie pour certains agents chez le plus grand employeur de la Polynésie française et sans doute l’un des plus essentiels.

Le bien-être au travail est sans aucun doute une condition primordiale dans la qualité du service rendu. Dans la santé, encore plus qu’ailleurs, les agents ne sont pas interchangeables, pour ne pas dire inter-jetables. La santé n’est pas un service comme les autres. Il doit donc être administré différemment, avec plus d’empathie, de compréhension, et surtout d’humanité.

Le personnel administratif ne côtoie pas la souffrance autant que le personnel médical. Il ne subit pas les mêmes stress, les mêmes pressions, ni même la détresse des patients et de leurs famille. Comme le social, la santé est un monde à part qui nécessite une approche managériale spécifique.

Gérer les ressources humaines de manière stéréotypée risque de ne conduire qu’à une chose… l’échec. Et l’échec n’est pas loin tant s’allonge au CHPF la liste des postes disponibles et les difficultés de recrutement y compris dans l’hexagone. L’image de l’hôpital n’est pas fameuse et cela se sait de plus en plus. Bien que de nouvelles grilles plus attractives soient rentrées en vigueur, ces dernières ne peuvent pas tout compenser…

Et elles ne doivent surtout pas tout compenser car l’appât du gain ne doit en aucun cas être la valeur prédominante dans le choix de travailler au Fenua ou au CHPF.

Aussi, à vous qui êtes malheureusement patients ou simples visiteurs, ayez en tête que le personnel de l’hôpital n’est pas forcément bien traité dans son quotidien. Gardez ces petites histoires en tête. Soyez indulgents et reconnaissants. Votre sourire et vos remerciements seront peut-être les seuls que ces personnes qui s’occupent de vous ou de vos proches pourraient recevoir de leur journée.

10/07/2026

Rencontre de l’intersyndicale infirmière avec le Président de l’Assemblée de la Polynésie française

Le Président de l'Assemblée de la Polynésie française, Tony GEROS, a reçu, hier l’intersyndicale infirmière réunissant le SIBODE, le SIADE et le Syndicat des Infirmiers Diplômés d’État de Polynésie Française (SIDE), une délégation conduite par le secrétaire général adjoint du SFP.

Cette rencontre a permis d’échanger sur la situation des 850 infirmiers servant le Pays, répartis entre le CHPF, l’IIME, le Fare Tama Hau, ainsi que les dispensaires et hôpitaux de la Direction de la santé.

Étaient présents pour les organisations infirmières :

SIDE : Cécile CORREZE et Taupenahei NENA.

SIADE-PF : Elvis LIEN et Patrice DARBO.

SIBODE : Caroline TEISSEYRE et Amélie COUETTE.

Les échanges ont porté sur l’évolution des compétences infirmières, notamment celles des infirmiers de consultation avancée, qui exercent déjà, dans les îles, des missions relevant de compétences médicales dans un contexte de pénurie de médecins. Les représentants ont également insisté sur la nécessité d’une reconnaissance statutaire réelle des personnels qui servent le Pays depuis de nombreuses années.

L’intersyndicale a aussi rappelé les effets inéquitables de la réforme de fin 2025, qui a conduit les non-résidents à bénéficier d’augmentations de rémunération 4 à 5 fois supérieures à celles des fonctionnaires titulaires fidèles au service de la population depuis des années. Les syndicats infirmiers ont fait part de l’impasse actuelle des discussions avec le ministère de la Fonction publique Gouvernement de la Polynésie française, alors que l’équité de traitement demeure une exigence essentielle.

En tant qu’acteur de la société civile, le SFP a également exprimé au Président Géros ses inquiétudes sur la proposition de loi française adopté le 7 juillet 2026 par l' Assemblée nationale instaurant une présomption de légitimité de l’usage des armes par les forces de l’ordre, dans un contexte où la Polynésie a déjà été marquée par des drames graves (2 décès polynésiens, 1 agression sur personne vulnérable) et par des interrogations persistantes sur les conditions d’intervention et de transparence de l'action des forces de l'ordre placées sous les ordres du gouvernement central. Voir : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17t0328_texte-adopte-seance

Le SFP réaffirme son soutien aux personnels infirmiers du Pays, à leur engagement quotidien, et à leur juste revendication de reconnaissance, de respect et d’équité.

Défendez vos droits, adhérez : https://urls.fr/f5TxsP
Infirmier de bloc opératoire? Adhérez ici : https://urls.fr/Pzz8wA
Infirmier généraliste ou puér ? Adhérez au SIDE ici : https://urls.fr/_iFNsM

NB : Le SIDE est un syndicat non affilié au SFP











09/07/2026

Nous vous informons que la Croix-Rouge Compétences Polynésie ouvre des inscriptions à la formation de Secrétaire Médical et Médico-Social (SMMS), conduisant à l’obtention du titre professionnel reconnu par l’Etat (RNCP 36080).

Cette formation a pour objectif de préparer des professionnels capables d’assurer l’accueil, l’information et l’orientation des usagers, ainsi que la gestion
administrative et le suivi des dossiers dans les structures sanitaires, médico-sociales et sociales.

Les informations sont disponibles sur le site internet de la croix rouge :
https://croix-rouge-competence-polynesie.pf/fiche-formation/secretaire-medicale-medico-sociale-smms/

N'oubliez pas, bien souvent la formation est la clef pour entrer ou pour évoluer dans sa vie professionnelle !

30/06/2026

Juin 2026 - Gare au nouveau code des finances publiques


Le code des finances publiques a été sérieusement révisé en septembre 2025. Le texte n’ayant pas de portée réglementaire spécifique pour les agents de la fonction publique, il n’a pas été présenté au conseil supérieur de la fonction publique. Sa modification est donc malheureusement passée sous nos radars jusqu’à ce qu’un agent public soit victime de cette nouvelle mouture. Certains se diront à quoi bon parler de finance publique pour les fonctionnaires… vous allez vite comprendre que vous pourriez être concernés au cours de votre carrière.


Qu’est-ce que ce code des finances publiques ?

Il s’agit essentiellement d’un recueil des règles relatives au droit budgétaire, au droit comptable et financier. Ce document rassemble également les règles à respecter en matière de créances et de dettes. Il définit les responsabilités de chacun et notamment des gestionnaires publics. Il expose comment agir en cas de dette ou de créance à recouvrer, il fixe les délais de prescription, etc…

En quoi les agents publics sont-ils concernés ?

Jusque-là vous vous dites certainement, « Ok, mais en quoi ça me concerne ? » C’est bien normal. Sauf que, comme tout fonctionnaire, vous êtes payés et que le versement de votre rémunération constitue un acte financier régi par ce code.

Vous ne voyez toujours pas en quoi vous pourriez être concernés ? Alors, soyons plus précis. Imaginons que comme au Monopoly, vous tiriez la carte « erreur de l’administration en votre faveur, rendez vous à la case échelon supplémentaire et recevez chaque mois 20 000 F.CFP. Si vous passez par la case départ, touchez 40 000 F.CFP supplémentaires ». Youpi, le soir même c’est resto et réservation d’un week-end dans les îles. Puis vient ce moment fatidique où l’administration réalise son erreur, même des mois plus t**d, voire plus d’une année après, et là… le couperet tombe.

Vous recevez un magnifique courrier qui vous indique que « conformément à loi du pays n°2024-20 du 16 septembre 2024 instaurant un régime de droit public de la prescription des créances et des dettes de la Polynésie française, modifiée par la Loi du pays n°2025-2 du 31 janvier 2025, vous êtes redevable des sommes liées à la régularisation de votre situation. Les articles 211-51 et suivants dudit code prévoient que les sommes indûment versées par une personne publique doivent être récupérées. En outre, les règles de prescription applicables aux créances de rémunération nous permettent de procéder à leur recouvrement dans un délai de deux ans à compter de leur paiement. »

Là je pense que vous comprenez mieux… Si l’administration vient à commettre une erreur en votre faveur sur votre rémunération, elle dispose de deux ans pour récupérer toutes les sommes que vous auriez perçues "en trop" sur votre rémunération. Et nous pouvons vous dire d’expérience que ça grimpe vite ! 10 000 F.CFP d’écart par mois pendant un an c’est déjà 120 000 F.CFP. Et entre-temps, ce surplus de rémunération a déjà été dépensé. Là, l’administration vient vous le réclamer d’un seule coup ! Certes vous pourrez toujours tenter de négocier un échéancier, mais la pillule restera difficile à avaler.

Vous aurez beau tenter d’expliquer que vous n’avez rien fait de mal, que c’est votre service des ressources humaines, ou la DTI, ou je ne sais qui encore qui est responsable de l’erreur…, rien n’y fait. L’administration s’est dotée d’une arme de récupération massive. Quelle que soit son erreur financière et sa responsabilité, elle peut à tout moment récupérer son argent. Et pour le récupérer, elle peut prélever la ou les sommes directement sur votre paye, soit sur votre compte bancaire ! L’agent n’est destinataire que d’un simple mail ou d’une simple lettre pour l’avertir.

Certes ce code prévoit normalement l’obligation pour l’administration de régler le problème à l’amiable, mais là encore, pas de véritable obligation. Encore faut-il que l’administration y voit un différend…

Pas de garde-fous

Dans l’hexagone existent des mécanismes protecteurs comme le fait que si l’administration n’a pas constaté son erreur sur votre rémunération au bout de deux mois, l’avantage est réputé acquis à l’agent. Ici, pas de règle semblable.

Seule exception, l’article 211-52 dudit code qui stipule que « Les créances prévues à l’article 211-51 ne peuvent pas être répétées lorsque les paiements ont pour fondement une décision créatrice de droits prise en application d’une disposition réglementaire ayant fait l’objet d’une annulation contentieuse ou une décision créatrice de droits irrégulière relative à une nomination dans un grade, lorsque ces paiements font pour cette raison l’objet d’une procédure de recouvrement. »

Cet article difficile à comprendre à la première lecture indique les dispositions suivantes :
• Si vous avez bénéficié d’un avantage financier sur la base d’un texte réglementaire qui a ensuite été annulé, vous conservez votre avantage financier ;
• Si vous avez été affecté par erreur dans un grade supérieur à celui que vous devriez légalement avoir, alors vous conservez votre avantage.

Pour le reste, comme au Monopoly « L’administration vous réclame la somme de 200 000 F.CFP, rendez vous à l’échelon inférieur. Si vous passez par la case départ ne touchez pas 20 000 F.CFP. »

Soyez vigilants

Vous l’aurez compris, il existe une très grande asymétrie de pouvoir entre les agents publics en leur qualité de salariés et l’administration.

Tout agent qui commet une erreur sera immédiatement sanctionné. Un service ou un établissement qui réalise avoir fait une grosse boulette en surpayant un agent dispose désormais d’un joker très puissant : « le code des finances publiques ».

Dans pareilles conditions, autant être prudent et vigilent. Si vous détectez une possible erreur sur votre fiche de paye en votre faveur, signalez-la immédiatement. Demandez des éclaircissements, des précisions, assurez-vous que tout est correct. Ne courrez pas le risque de voir s’accumuler les sommes à devoir, et par prudence, ne dépensez pas tout 😊 !

Un état d’esprit législatif particulier

Il est pour le moins inquiétant que le législateur ait révisé ce code en lui supprimant toute humanité. Il aurait été appréciable qu’un droit acquis suite à une erreur commise par l’administration ne donne plus lieu à récupération au bout d’un temps donné, comme cela existait auparavant.

Que le trop versé s’arrête une fois l’erreur révélée se comprend. Qu’en on exige le remboursement auprès d’une personne qui a été victime de l’inattention de son service ou de son établissement ne serait acceptable qu’à la condition que le problème soit repéré très rapidement. Mais lorsque l’erreur est détectée au bout de six mois, voire plus, aurait-dû être introduit un mécanisme qui mette fin au versement sans pour autant imposer la reprise des fonds (la fameuse répétition de l’indu).

Nous suivons actuellement un dossier devant le tribunal administratif dont la décision pourrait être importante dans l’avenir. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés.

26/06/2026

📢 VERSEMENT DE LA PAIE – JUIN 2026

Le syndicat informe les agents qui servent fièrement notre grand et beau Pays (ANFA, FPT, ANT) que les opérations de paie de juin 2026 seront réalisées aux dates suivantes par le Trésor public (DGFIP) selon le calendrier officiel :

📅 Vendredi 26 juin 2026
➡️ Transmission des fichiers de virement aux établissements bancaires (dépôt en banque).

💰 Lundi 29 juin 2026
➡️ Versement effectif des salaires sur les comptes bancaires des agents (paiement), sous réserve des délais de traitement propres à chaque banque.

Nous vous recommandons de tenir compte de ces dates pour l’organisation de vos démarches financières (prélèvements, échéances diverses, etc.).

📌 Rappel : la date de « dépôt en banque » correspond à l’envoi des ordres de virement par la DGFIP, tandis que la date de « paiement » correspond à l’apparition des crédits sur les comptes des agents.




15/06/2026

Juin 2026 - CHPF, Agents en déprime

Une nouvelle fois, il n’y aura pas un récit, mais des récits. Des histoires qui ont en commun de se dérouler au CHPF. Des histoires qui ont aussi en commun de trouver leur source dans une gestion des ressources humaines que nous qualifierons poliment « d’inadaptée ». Si les responsables de l’hôpital ne changent pas d’approche, les recrutements risquent d’être de plus en plus compliqués. Nous disposons de tellement de récits que nous les avons répartis sur deux tranches de vie. Celle de ce mois de juin et celle du mois de juillet à venir (sauf urgence particulière). Les identités des personnes dont nous relatons les déboires sont bien évidemment dissimulées derrière des prénoms d’emprunt.


Anne

Je m’appelle Anne, et comme un certain nombre de mes collègues ici, j’ai été informée par mon réseau dans l’hexagone que le CHPF recherchait une infirmière spécialisée. J’étais alors en fin de contrat sur mon poste dans un hôpital de province et je me suis dit, pourquoi pas tenter l’aventure pendant quelques mois.

Pour mieux faire mon métier, j’estime important de s’imprégner de ce qui se fait ailleurs, dans un autre cadre, avec des moyens différents et des approches elles-aussi différentes.

Contrairement à certains préjugés, je ne suis pas venue pour l’argent. Certes les nouvelles grilles sont relativement avantageuses, mais le niveau des prix en Polynésie me ramène à un pouvoir d’achat inférieur à celui que j’avais dans l’hexagone. Cette différence est encore plus notable car je viens de province et non de Paris où les loyers sont exorbitants comme ici. L’opération n’est donc pas particulièrement « rentable » pour moi. Cependant, à titre personnel et humainement, elle n’a pas de prix ! J’aspirais essentiellement à une vie différente, à me confronter à de l’inconnu, à une atmosphère de travail plus sereine et décontractée.

Lorsqu’on vient de loin et sans attache en Polynésie française, on prend un minimum de précautions. On s’assure de la rémunération et des conditions de travail. Le CHPF m’avait assuré financer mon déplacement et mon logement sur mes premiers jours d’installation, le temps pour moi « d’atterrir » et de prendre mes marques pour trouver une location.

Si mon billet d’avion a bien été payé, à l’arrivée, point de logement... Dans un premier temps, j’ai donc été contrainte de me payer l’hôtel, puis de bénéficier de la solidarité de mes collègues car budgétairement je ne pouvais pas continuer ainsi. Lorsque j’ai sollicité le remboursement de mes frais, on m’a expliqué que ce n’était pas possible. J’ai récemment appris qu’existait une aide financière, mais par je ne sais quel truchement, je n’en ai pas bénéficié et on ne m’en a pas parlé avant. Ainsi, je suis rentrée très vite dans le vif du sujet. La gestion humaine semble donc à géométrie variable.

Avant même mon arrivée les tensions avaient débuté car le CHPF voulait m’imposer un indice de rémunération inférieur à celui auquel je pouvais prétendre. Il m’avait fallu batailler pour obtenir gain de cause et rappeler que mon ancienneté professionnelle me garantissait un meilleur positionnement que celui proposé.

Je suis en poste depuis plusieurs mois et le moins que je puisse dire, c’est que les conditions de travail sont loin d’être aussi fantastiques que je l’espérais. Les tensions sont nombreuses et elles ont très souvent pour source une hiérarchie qui n’a pas compris l’importance d’une approche humaine et impartiale. Là où le simple bon sens devrait dominer, viennent souvent se greffer des querelles inutiles souvent fondées sur l’orgueil et l’ignorance de ce que nous faisons réellement.

En haut lieu on prête l’oreille à des narratifs présentés par des intermédiaires qui tentent souvent de couvrir leurs manquements. Alors, sans se soucier de la réalité des faits, la direction critique le comportement des agents qui réalisent les soins dont le public a besoin. Cependant, pour définir une organisation dans un hôpital, sans doute est-il préférable de partir du point de vue de ceux qui sont au plus près des malades plutôt que d’imposer par le haut des schémas organisationnels voués à l’échec.

Titaina

Je m’appelle Titaina et j’exerce depuis des années. Le travail que nous faisons est physiquement épuisant et il n’est pas sans laisser de trace dans notre vie familiale. Les soins doivent être effectués 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Pour tenir ce rythme, nous sommes soumises à des gardes et des astreintes. La garde est effectuée au CHPF, l’astreinte est faite chez soi en dehors des horaires de travail, le téléphone à la main de jour comme de nuit. Un appel et nous devons rappliquer sans attendre.

Certes nous sommes dédommagées pendant ces astreintes, mais au bout d’un moment on se rend compte que l’argent n’est pas tout et que le temps est précieux. Il est d’autant plus précieux quand on prend de l’âge et qu’autour de soi on entend parler d’untel ou d’unetelle qu’on a bien connu(e) et qui, en raison de la maladie, n’aura pas la chance de profiter de sa retraite. En plus, ce régime des astreintes n’a pas été revu depuis très longtemps…

Par facilité sans doute, notre cadre de santé a pris l’habitude de nous laisser nous organiser. Avec mes collègues, voilà des années que nous nous concertons avec abnégation pour qu’il ne manque jamais personne dans le tableau des astreintes. Et pour cela, nous avons parfois pris beaucoup d’astreintes au détriment de notre liberté et de notre vie de famille. Puis arrive ce moment où les mêmes agents qui se dévouent sont fatigués et il devient de plus en plus difficile de remplir ce fameux tableau d’astreintes.

Face à cette difficulté, notre cadre de santé se sent démunie. En haut lieu, par je ne sais quel mécanisme de pensée, on est persuadé que certaines parmi nous phagocytent ces astreintes et iraient même jusqu’à intimider certains collègues afin qu’ils ou elles renoncent à en prendre !!!

Visiblement, dans leur réflexion, seul l’argent compte. Alors bien évidemment, avec pareille logique le problème vient de quelques agents et particulièrement de celles et ceux qui ont assumé le plus d’astreintes.

Mais si certains courraient tant après l’argent, il n’y aurait aucun problème pour remplir les tableaux d’astreinte mea ma ! Soyez cohérents !

S’il y a un problème aujourd’hui pour remplir ces fameux tableaux, c’est que l’argent n’est pas tout ! C’est que contrairement à ce qu’on pense "en haut lieu", les mêmes personnes qui se sont jusqu’à présent dévouées sont épuisées.

Pourquoi la cadre de santé qui doit normalement organiser notre emploi du temps ne remplit-elle pas elle-même ce tableau d’astreinte en répartissant l’effort équitablement ? A-t-elle peur que certains ou certaines se plaignent d’être de garde ou d’astreinte ? A-t-elle peur de faire le métier pour lequel elle est payée, à savoir organiser le travail ?

En attendant, dans les hautes sphères du CHPF, on persiste dans son ineptie et on reporte la responsabilité des difficultés sur le personnel soignant au lieu de s’interroger sur les responsabilités des hiérarchies intermédiaires.

Tiare

Je m’appelle Tiare, et je suis fonctionnaire titulaire. Je travaille dans un service du Pays et après de nombreuses années sur le même poste, j’ai cherché à m’oxygéner professionnellement. En cherchant sur Aravihi, la plateforme des emplois disponibles dans l’administration, j’ai identifié quelques postes au CHPF. Avant de déposer formellement ma demande de mutation, je me suis donc informée sur les postes vacants qui avaient attiré mon attention.

Pour le premier, on m’a répondu qu’il s’agissait d’une erreur de mise à jour sur Aravihi car le poste n’était a priori plus disponible. Quant au second, on m’expliquait qu’il était « réservé ». N’ayant aucune connaissance de cette disposition, j’ai demandé ce qu’était un poste « réservé ». On m’a alors répondu qu’il y avait actuellement un agent non titulaire sur ce poste et comme il allait présenter le concours, le poste était bloqué au cas où il réussirait. Pourtant, la plateforme Aravihi affiche en grand que les postes vacants sont attribués en priorité aux agents titulaires !

J’ai donc contacté mon syndicat pour savoir si cela était réglementaire. On n’est jamais à l’abri d’une surprise avec nos textes 😊. J’ai ainsi eu confirmation qu’il était totalement illégal de « réserver » des postes. J’ai donc rappelé mon interlocuteur qui m’a alors indiqué que le poste n’était pas véritablement « réservé » mais plutôt « bloqué » pour le concours. Bel exercice de sémantique pour aboutir à la même réponse !

J’ai donc une nouvelle fois sollicité mon syndicat qui m’a confirmé la totale illégalité de la pratique. Aucun poste ne peut être « bloqué » pour quelque raison que ce soit lorsqu’un titulaire souhaite muter dessus. Il peut être « bloqué » pour empêcher le renouvellement d’un contractuel lorsque les concours approchent. Cependant, il ne peut pas être « bloqué » à la mutation pour un titulaire. Au concours, les lauréats prennent les postes qui restent vacants, mais les titulaires sont systématiquement prioritaires sur toutes les mutations.

Des petits arrangements entre amis s’effectueraient-ils au CHPF pour préserver les postes d’agents qui passent le concours ? Ne tenterait-on pas ainsi de contourner le principe même de tout concours, à savoir que le meilleur doit pouvoir choisir son affectation ?

Pire, on considère apparemment que les titulaires sont des candidats de seconde zone qui doivent passer après certains contractuels. La pratique est visiblement connue et la direction ne paraît pas très motivée pour s’y opposer. En définissant une liste de postes « bloqués », n’y participe-t-elle pas activement de manière indirecte ?

Ainsi, avant même que je fasse acte de candidature, les portes se ferment. On me fait comprendre qu’il serait judicieux que je postule ailleurs, peut-être dans un autre service du CHPF, sur un autre poste… Comment avoir envie de poursuivre une activité dans un cadre qui affiche un tel manque d’impartialité ?

Laura

Je m’appelle Laura, et comme Anne, j’ai été recrutée depuis l’hexagone pour travailler quelques mois au CHPF. Comme cela m’a été demandé, j’ai transmis tous les documents susceptibles de justifier de mon ancienneté afin de déterminer mon grade et mon échelon d’affectation. J’ai agi en toute transparence, et en toute confiance j’ai transmis sans les consulter les attestations produites par l’hôpital où j’avais exercé. J’ai ainsi travaillé pendant plusieurs mois jusqu’à ce que le CHPF me propose une prolongation de contrat. Dans un premier temps j’ai répondu favorablement. Puis, en préparant ce nouveau contrat, le CHPF s’est aperçu qu’il avait commis une erreur de positionnement sur mon contrat initial.

Au lieu d’être recrutée à l’échelon 3, j’avais été placée à l’échelon 5. Il découlait de cette situation que j’avais été « trop » rémunérée pendant des mois et qu’il fallait donc que je rembourse. Si j’avais commis une erreur, ou pire, si j’avais menti sur les documents que j’avais transmis, j’aurais accepté la sentence, me considérant prise la main dans le sac.

Mais en l’espèce, n’ayant aucune connaissance de la réglementation locale, j’ai simplement remis des documents qui ont été analysés par le personnel du CHPF sans que je dise quoi que ce soit. Et c’est bien le CHPF qui a pris ses décisions. Le problème c’est qu’à la sortie la note est salée et tout s’est fait sans tact ! Deux échelons pendant neuf mois ça fini par faire plus de 600 000 F.CFP de soi-disant « sur-rémunération » !

Au début je me suis dit, il doit y avoir prescription, car au bout d’un certain temps les droits des agents sont normalement réputés acquis. Mais il semble que le Pays ait élaboré une arme de protection massive : le code des finances publiques mis à jour en septembre 2025 !

Dans ce code, il paraîtrait que l’administration a le droit de récupérer l’argent qu’elle aurait trop versé, même quand elle est à l’origine de l’erreur. Existeraient quelques exceptions, raison pour laquelle je suis aujourd’hui devant les tribunaux, mais le CHPF s’en moque bien.

L’hôpital reconnaît qu’il a commis une erreur, mais il s’en moque. J’ai ainsi reçu un mail me demandant de payer 500 000 F.CFP sous huit jours, le CHPF ayant déjà prélevé le reste sur ma dernière fiche de paye sans me prévenir.

Aucune démarche amiable, aucune explication sur les sommes soi-disant dues. Non, juste un commandement de payer. Ainsi le CHPF peut faire toutes les erreurs qu’il veut. À tout moment, il peut les réparer sans que les personnes responsables n’en assument les conséquences.

En reprenant les fiches de payes avec mon syndicat, nous pensons qu’existeraient potentiellement des doutes sérieux sur la somme réclamée par le CHPF. Nous avons adressé notre analyse, espérant avoir ainsi également des explications… mais rien, juste une feuille qui rappelle des montants sans les justifier. Et puis, un nouveau rappel de commandement de payer.

Pire encore, j’avais déposé près de trois semaines de congés qui avaient été validées. Comme j’ai refusé de prolonger mon contrat, j’espérais que le CHPF me les rémunère sans que je sois contrainte de les réclamer. Mais apparemment, il n’y a pas de petites économies pour l’hôpital. Me voilà maintenant contrainte de faire des démarches pour obtenir simplement le paiement de mon dû ! Et je me doute bien qu’une fois encore, le CHPF me retiendra l’argent, considérant qu’il peut récupérer un peu plus de son « trop » versé…

A court terme le CHPF doit certainement crier victoire. Mais à long terme, il oublie qu’il peine déjà à recruter et que ces recrutements se font la plupart du temps via des réseaux et non des annonces. Et lorsqu’il y a annonces, celles-ci sont relayées par des réseaux. Or ces réseaux commencent à être gorgés d’histoires relatant des problèmes avec le CHPF, un peu comme la mienne. Lorsque le nom « CHPF » est évoqué, une alerte rouge commence à sonner. A long terme, si l’hôpital peine à recruter, n’est-ce pas la santé des personnes qui en patira ? Sauf à être un véritable fumiste, ne travaille-t-on pas mieux dans un cadre bienveillant où l’humain est une préoccupation importante ?

A suivre…

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